GEVA-Sco : comment bien le remplir pour une demande MDPH en 2026 ?
Le GEVA-Sco est un document essentiel pour évaluer les besoins d’un élève qui rencontre des difficultés importantes dans sa scolarité. Il permet de présenter à la MDPH ses points forts, les obstacles rencontrés et les aides dont il pourrait avoir besoin.
Un GEVA-Sco trop général ou incomplet peut toutefois empêcher la MDPH de comprendre précisément la situation de l’enfant.
Qui doit le remplir ? Que faut-il indiquer ? Comment les parents peuvent-ils participer à sa rédaction ? Voici les informations essentielles pour préparer un GEVA-Sco en 2026.

Sommaire
Qu’est-ce que le GEVA-Sco ?
Le GEVA-Sco est le guide d’évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation. Il rassemble les informations nécessaires pour comprendre la situation d’un élève, ses compétences, ses difficultés et les répercussions de celles-ci sur son parcours scolaire.
Il ne constitue pas, à lui seul, une demande d’AESH ou de matériel adapté. Il sert à transmettre à l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH des observations concrètes afin qu’elle puisse évaluer les besoins de l’enfant et proposer, si nécessaire, un projet personnalisé de scolarisation (PPS).
Quelle différence entre le GEVA-Sco première demande et réexamen ?
Il existe deux versions du document.
Le GEVA-Sco première demande concerne un élève qui ne bénéficie pas encore d’un PPS. Il est utilisé lorsque la famille ou l’équipe pédagogique estime que les difficultés rencontrées pourraient nécessiter une reconnaissance du handicap et des mesures de compensation décidées par la MDPH.
Le GEVA-Sco réexamen concerne un élève qui bénéficie déjà d’un PPS. Il permet de faire le bilan des aides accordées, des progrès observés, des difficultés persistantes et des nouveaux besoins éventuels.
Le réexamen peut notamment être nécessaire pour demander :
le renouvellement d’un AESH ;
une augmentation ou une modification de l’aide humaine ;
du matériel pédagogique adapté ;
une nouvelle orientation scolaire ;
la révision d’aménagements devenus insuffisants ;
l’actualisation du PPS.
Qui doit remplir et transmettre le GEVA-Sco ?
Pour une première demande, le GEVA-Sco est renseigné par l’équipe éducative, réunie par le directeur de l’école ou le chef d’établissement. La réunion peut être demandée par la famille ou organisée à l’initiative de l’équipe pédagogique.
La famille transmet ensuite le GEVA-Sco première demande à la MDPH avec le formulaire de demande et les autres pièces du dossier.
Lorsque l’élève possède déjà un PPS, le GEVA-Sco réexamen est complété pendant une réunion de l’équipe de suivi de la scolarisation (ESS), organisée par l’enseignant référent. C’est généralement l’enseignant référent qui le transmet ensuite à la MDPH.
Quelles informations doivent apparaître dans le GEVA-Sco?
Le GEVA-Sco doit présenter une vision complète et concrète de la scolarité de l’enfant. Il peut notamment préciser :
son niveau scolaire et ses compétences ;
ses points forts et ses centres d’intérêt ;
les apprentissages qui lui posent problème ;
son niveau d’autonomie ;
ses capacités de communication ;
ses relations avec les autres élèves et les adultes ;
sa fatigabilité et son attention ;
son comportement dans les différentes situations scolaires ;
les aménagements déjà mis en place ;
les effets de ces aménagements ;
l’accompagnement dont il bénéficie déjà ;
les besoins observés par la famille et les professionnels.
Les difficultés doivent être décrites selon leur contexte. Un élève peut, par exemple, réussir une activité en petit groupe, mais ne pas parvenir à la réaliser seul dans une classe bruyante.
Comment préparer la réunion avec l’établissement ?
Avant la réunion, les parents peuvent préparer une liste des difficultés et des besoins observés à la maison, à l’école et pendant les devoirs.
Il est utile de noter des exemples précis :
l’enfant ne parvient pas à recopier une consigne dans le temps imparti ;
il ne comprend pas une consigne comportant plusieurs étapes ;
il a besoin d’un support visuel pour organiser son travail ;
il ne peut pas préparer seul son matériel ;
il se fatigue rapidement pendant les activités écrites ;
il a besoin d’être accompagné lors des changements de salle ;
il rencontre des difficultés pour communiquer ou solliciter de l’aide ;
il ne peut pas participer à certaines activités sans adaptation.
Les parents sont membres de droit de l’équipe éducative ou de l’ESS. Ils peuvent transmettre des observations complémentaires et se faire accompagner ou représenter par la personne de leur choix lors de la réunion.
Comment décrire précisément les besoins de l’enfant ?
Il est préférable d’éviter les formulations trop générales comme :
« Il est souvent en difficulté » ;
« Elle manque d’autonomie » ;
« Il a besoin d’aide » ;
« Son comportement est compliqué ».
Ces phrases ne permettent pas d’identifier la nature, la fréquence et les conséquences des difficultés.
Utilisez plutôt des descriptions observables :
« L’élève a besoin que les consignes soient reformulées individuellement plusieurs fois par jour » ;
« Elle ne peut pas noter seule l’ensemble des devoirs avant la fin du cours » ;
« Il a besoin d’une aide pour organiser son matériel à chaque changement d’activité » ;
« Elle ne peut pas se déplacer seule entre les différentes salles » ;
« Après vingt minutes d’écriture, une fatigue importante entraîne une diminution de la qualité et de la quantité du travail ».
Précisez également les aides déjà essayées et leurs résultats. La MDPH doit pouvoir comprendre ce que l’enfant réussit seul, ce qu’il réalise avec une aide et ce qu’il ne parvient pas encore à faire malgré les adaptations.
Quels documents joindre au GEVA-Sco ?
Le GEVA-Sco doit être intégré au dossier MDPH avec les autres pièces utiles. Selon la situation, vous pouvez joindre :
le formulaire de demande MDPH Cerfa n° 15692*01 ;
le certificat médical Cerfa n° 15695*01 datant de moins d’un an ;
les bilans médicaux et paramédicaux ;
les comptes rendus d’orthophonie, d’ergothérapie ou de psychomotricité ;
les bilans neuropsychologiques ;
les observations des professionnels qui accompagnent l’enfant ;
les bulletins scolaires ou évaluations pertinentes ;
le PAP, le PAI ou les aménagements déjà mis en place ;
des exemples de travaux scolaires ;
une lettre des parents décrivant les besoins et le projet de vie de l’enfant.
Les documents doivent apporter des informations utiles sur les conséquences des difficultés dans la vie scolaire. Il n’est pas nécessaire d’accumuler des pièces qui répètent exactement les mêmes éléments.
Les parents doivent-ils signer le GEVA-Sco ?
Les textes officiels ne prévoient pas d’obligation de signature du GEVA-Sco par les parents. Le document doit néanmoins mentionner les personnes présentes lors de la réunion.
Demandez à recevoir une copie du GEVA-Sco complété avant son envoi. Vérifiez que vos observations, les difficultés de l’enfant, ses points forts et les aménagements proposés sont correctement retranscrits.
En cas de désaccord, vous pouvez demander qu’une modification soit apportée. Vous pouvez également transmettre directement à la MDPH un courrier présentant vos observations ou demander un échange avec l’équipe pluridisciplinaire.
Que se passe-t-il après l’envoi à la MDPH ?
L’équipe pluridisciplinaire de la MDPH analyse le GEVA-Sco avec l’ensemble des pièces du dossier. Elle évalue les besoins de compensation de l’élève et peut proposer un PPS.
Selon la situation, le PPS peut prévoir :
des adaptations pédagogiques ;
une aide humaine individuelle ou mutualisée ;
du matériel pédagogique adapté ;
un accompagnement médico-social ;
une orientation en ULIS ou vers un établissement adapté ;
des aménagements du temps scolaire ;
des mesures particulières pour les examens.
La Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) prend ensuite les décisions relevant de la MDPH. La famille reçoit une notification précisant les mesures accordées et leur durée.
Quelles erreurs éviter dans le GEVA-Sco ?
Pour permettre une évaluation précise, évitez :
les descriptions uniquement centrées sur le diagnostic ;
les formulations vagues sans exemple concret ;
l’absence d’informations sur l’autonomie ;
l’oubli des difficultés rencontrées en dehors des apprentissages ;
l’absence de bilan des aménagements déjà essayés ;
un document présentant uniquement les difficultés sans mentionner les compétences ;
une demande d’aide sans expliquer les tâches que l’enfant ne peut pas réaliser seul ;
l’envoi du dossier sans en conserver une copie ;
l’attente de la dernière minute avant un renouvellement.
Le diagnostic est important, mais la MDPH évalue surtout ses conséquences concrètes sur la scolarité, l’autonomie et la participation de l’élève.
L’essentiel à retenir sur le GEVA-Sco
Le GEVA-Sco permet de présenter à la MDPH les besoins scolaires d’un enfant de façon structurée.
Pour une première demande, il est rempli par l’équipe éducative, puis transmis à la MDPH par la famille avec le dossier. Pour un réexamen, il est complété pendant l’ESS et généralement envoyé par l’enseignant référent.
Les parents doivent participer à sa préparation, demander une copie du document et vérifier que les difficultés, les compétences et les besoins de leur enfant sont décrits à l’aide d’exemples précis.
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